02.02.2012

Chamonix Août 2011 / 6

 

Samedi 13 août
Refuge du Couvercle (2687m) / Gare du Montenvers
Nous quittons le refuge sans précipitation par un sentier qui passe au-dessous du refuge conduisant à une moraine qui descend progressivement vers la vallée glaciaire de la Mer de Glace.
A nouveau, des échelles fixées à la paroi tombent verticalement avec des passerelles qui nous permettent de passer d’une échelle à la suivante. Nous progressons lentement car nous sommes encordés.
Enfin nous arrivons au niveau des blocs de rocher qui bordent l’épaisse couche de glace. De cairn en cairn, nous arrivons à l’endroit où nous mettons pieds  sur la glace.
Inutile de cramponner, la glace en surface est tendre nous assurant une bonne stabilité. Nous marchons ainsi sur cette glace parcourue par des radiers où l’eau qui s’écoule en bouillonnant prend des ton bleutés. Nous nous arrêtons à un endroit où la pente est plus forte, pique-niquons dans une espèce de cuvette puis nous procédons sous les conseils de Gérard et Vincent aux techniques de progression sur glacier : montée, descente, marche dans la pente puis utilisation des broches à glace qui servent à nous assurer.
Après cette mise à contribution de nos mollets nous repartons vers la gare du Montenvers. Nous parcourons environ 2km sur la glace crevassée cherchant les passages nous évitant de franchir ces crevasses. Nous sommes guidés par les rectangles blancs peints sur les parois qui bordent la Mer de Glace. Nous arrivons au pied des échelles que nous allons devoir gravir une à une. Pour notre bonheur, personne ne descend plus à cette heure de l’après-midi où chacun se dirige vers la gare pour un retour dans la vallée. Les échelles sont longues, je dois m’arrêter pour laisser mon rythme cardiaque se calmer. Nous arrivons enfin sur la vire des guides, dernière étape vers la gare.  

08.01.2012

Chamonix Août 2011 / 5

Vendredi 12 août
Train du Montenvers / Mer de Glace / Refuge du Couvercle (2687m)
Nous partons du camping à 10h30 sans Benjamin qui a mal au genou, laissons nos véhicules au parking proche de la gare du Montenvers, prenons le train à crémaillère  qui nous amène au terminus (1913m) avec vue sur la Mer de Glace. Nous nous dirigeons sans attendre vers la vire des guides d’où tombent les échelles qui nous déposent au niveau actuel du glacier. Des repères, rectangles blancs peints sur les parois se font faces de chaque côté du glacier traversons retrouvant des échelles qui cette fois nous hissent au niveau d’un sentier en balcon que nous allons suivre jusqu’au terme de cette journée : le refuge du Couvercle (2687m).  Le sentier est très escarpé, superbe, avec ça et là des échelles que nous gravissons une à une. La vue est magnifique, nous pique-niquons sur l’herbe d’une vire. Notre provision d’eau est insuffisante pour la suite de cette randonnée, Gérard nous dit que nous pourrons remplir nos gourdes avec l’eau du torrent sous le glacier de la Charpaoua redouté pour ses chutes de pierres.
Lorsque nous arrivons bien au dessous du glacier, des dalles très lisses et inclinées sont par endroit mouillées par le ruissellement. Jean-Pierre et Isabelle sont devant moi. Un piquet planté au milieu  de ces dalles leur semble être le passage pour traverser ces dalles qui n’inspirent pas confiance tant elles paraissent lisses et glissantes. Isabelle s’engage sur une partie humide, perd pied, s’accroche à Jean-Pierre qui la suit de très près. Les voilà sur le dos, accrochés l’un à l’autre, dévalant le toboggan qui comporte une marche sur laquelle ils rebondissent continuant leur glissade jusqu’à un bourrelet de galets qui stoppe net leur glissade. Isabelle très choquée crie, pelotonnée en position de fœtus dans les bras de Jean-Pierre qui essaie de la rassurer.
Je les suivais de très près, je fais demi-tour prudemment. Je vois Gérard et Nicole qui arrivent au niveau des dalles. Ils ont vu la scène, ils contournent ces dalles en passant au dessous dans les galets, rejoignent Jean-Pierre et Isabelle, apaisent Isabelle qui, constatant qu’elle n’a rien de cassé et s’en tire avec un hématome sur une fesse et des égratignures sur le bras  qui a tenté de freiner la glissade.  Je reste au milieu du passage attendant Stéphane qui se dirige droit sur les dalles. Nous lui crions de passer au-dessous. A force d’insistance et de gestes indiquant le passage, nous parvenons à l’empêcher de prendre le chemin le plus direct et le plus évident. Vincent est loin devant, il ignore tout de cette mésaventure qui n’affectera pas la suite de notre progression vers le refuge.
Le sentier en corniche n’en finit pas de monter, de temps en temps nous apercevons Vincent qui nous précède et Stéphane qui ferme la marche. Le sentier de plus en plus pentu contourne une pointe. J’entends Vincent qui m’appelle, je ne le vois pas, les parois ne laissent voir aucun sentier. Je finis par le repérer au milieu de la paroi qui me fait face, il est vraiment très haut. J’aperçois une marmotte posée sur un rocher, elle me laisse l’observer tout à loisir. Je reprends ma progression dans les pas de Vincent, arrive au niveau d’où il m’a fait signe. J’aperçois Gérard et Nicole à l’endroit où je me suis arrêté pour regarder la marmotte. Encore des échelles dressées entre des blocs pointant vers le ciel d’un bleu uniforme.  Innocemment je m’attendais à voir le refuge au sommet de la dernière échelle qui nous fait passer sur l’autre versant. Et bien non, le sentier continue de moins en moins facile à repérer. Je le perds, monte au plus direct vers le sommet que je pressens être le dernier écran qui me masque le refuge. Enfin au sommet, j’aperçois un énorme cairn sur ma droite, donc je ne suis plus très loin. En effet, le refuge est sur ma gauche. Cette fois plus besoin de monter et descendre, le chemin est direct.
Je retrouve Vincent devant le refuge, il se renseigne sur l’ascension de la Point Isabella (3761m). Le glacier a bien fondu, le chemin d’accès est très compliqué, difficile à repérer.
Gérard et Nicole arrivent, reste Stéphane que nous guettons par la fenêtre, attablés devant une bière tant attendue.

27.12.2011

Chamonix Août 2011 / 4

Jeudi 11 août

Lever tôt, frontales fixées au casque, nous partons dans les pas de Vincent qui nous ouvre la marche. En fin de compte, les points lumineux qui nous précèdent sont de bons repères. Nous nous dirigeons vers le glacier.

Nous nous équipons formant une seule cordée. Je pars en tête suivi de Benjamin, Jean-Pierre, Isabelle puis Vincent. Dans l’obscurité, nous distinguons les crevasses que lorsque nous sommes très près de ces déchirures béantes au fond insondable. Nous nous élevons progressivement franchissant les crevasses par les ponts de neige où il ne faut pas s’attarder. L’arrivée au col est épuisante, je multiplie les arrêts pour reprendre force et souffle. Nous arrivons au col des Dômes (3564m).

Nous poursuivons notre progression sur l’arête de neige jusqu’au point culminant des Dômes (3673m). Le temps est idéal, pas un nuage, les sommets se découpent sur un fond uniformément bleu : c’est sublime.

Nous immortalisons notre passage au sommet par une photo du groupe puis repartons vers le refuge par le col de la Bérangère. La descente paraît vertigineuse, la neige stable nous rassure. Nous descendons lentement, nous arrêtons un moment puis après quelques courtes remontées dans les rochers nous redescendons dans la neige jusqu'à ce que nous retrouvions  les rochers formant d’épais bourrelets tombant vers la vallée occupée par le glacier. La descente est éprouvante pour les genoux et les cuisses. Des névés donnent l’occasion de glissades sur les fesses ; attention à ne pas prendre trop de vitesse car l’arrêt est brutal dans les cordons d’éboulis qui bordent les névés.

Après une descente interminable, nous retrouvons le refuge. Une bière nous remet de nos efforts, apaise notre fatigue. Nous pique-niquons au refuge puis nous voilà repartis en direction des échelles que cette fois nous allons descendre.

Nous prenons pieds sur les éboulis qui jonchent le glacier, peinons à retrouver le bon chemin qui va nous ramener au pied du glacier d’où jaillit le torrent impétueux, portant le même nom, qui mène grand bruit dans la gorge qu’il creuse inexorablement. Sur le glacier, une dame m’interpelle ; elle me demande la taille de mes chaussures. Son mari est parti avec des chaussures oubliées dans un placard et ses semelles se délitent ; il chausse du 44, moi du 40 , je ne peux donc rien pour lui porter secours.

Arrivés au pied du glacier, nous escaladons la pente qui nous hisse jusqu’au sentier escarpé suivi à l’aller. Arrivés au refuge de Tré-la-Tête, nous convergeons vers l’abreuvoir où coule une eau limpide et froide. Nous étanchons notre soif et faisons provision d’eau.   

Reste encore une bonne heure et demie de descente pour retrouver le parking. Arrivés à quelques pas de la jonction avec la voie romaine qui monte au col du Bonhomme, je m’arrête, exténué, mes genoux ne me supportent plus. Vincent me tient compagnie pendant que la famille Beaumier s’arrête un peu plus bas au niveau des cascades.

Cet arrêt prolongé et quelques friandises me redonnent des forces. Nous repartons pour une dernière descente. Un téléphone mobile est trouvé sur le chemin par une famille allant qui nous croise. Elle se propose de le déposer au milieu du chemin pour qu’il soit visible ce que je leur déconseille car nous venons de voir deux véhicules garés plus haut.

Nous regagnons enfin le parking, déchaussons nos lourdes chaussures avec soulagement. Nous repartons vers notre camp de base à Argentière où nous allons retrouver Gérard et Nicole qui est remise de ses malaises.

25.12.2011

Chamonix Août 2011 / 3

Mercredi 10 août

Notre Dame de la Gorge / Refuge des Conscrits (dénivelée +1413m)

Nous partons vers 10h30 pour Les Contamines-Montjoie (1167m) où nous laisserons les véhicules pour atteindre le refuge Des Conscrits (2580m). Nicole est prise de vertiges, Gérard décide de retourner avec sa femme au camping. Nous restons donc à 5 pour cette 2ème ascension aux Dômes de Miage (3670m).

Nous partons sacs au dos à midi par le sentier conduisant au col du Bonhomme. Nous bifurquons à gauche pour le refuge de Tré-la-Tête. Le sentier est très pentu et pittoresque. Nous passons des gorges profondes où gronde un  torrent  qui tombe en cascades formant des marmites de géants. Après un peu plus de 2h, nous sommes au refuge de Tré-la-Tête (1970m), nous partons pour 3 autres heures vers le refuge des Conscrits. Le sentier en corniche surplombe le torrent généré par le glacier de Tré-la-Tête. Il gronde au fond d’une gorge profonde et étroite. Après une demi-heure, nous sommes face à une vaste cuvette où se répand le glacier recouvert de moraines de nature schisteuse.  Nous suivons un chemin balisé par des cairns difficiles à discerner dans cet amas de roches. Une longue marche sur ce glacier nous conduit au pied d’une succession d’échelles qui nous hissent de 50m. Nous reprenons pied au sommet de ces échelles , nous savons que le refuge n’est plus très loin.

Nous sommes bienheureux de poser nos sacs dans ce magnifique refuge des Conscrits (2580m) qui est plein comme un œuf. Au repas soupe puis un plat de bœuf cuit dans une sauce aux champignons de Paris  accompagné de riz. Nous tombons de fatigue, même pas le courage d’aller faire une reconnaissance du sentier pour le départ prévu à 4h du matin. Nous savons qui faut monter derrière le refuge puis prendre à droite.