10.07.2008
Ascension du Grand Paradis 2008 / 2 et 3
Mardi 23 Juin
« Pont du Breuil 1960m / Vittorio Emmanuele 2732m » + 772m
Nous quittons le camping de Pont du Breuil et prenons le sentier qui longe le torrent Savara puis grimpe, entre deux torrents qui dévalent la pente, pendant un peu plus de 2h jusqu’au refuge V. Emmanuele où nous arrivons vers midi.
Nous pique-niquons sur une table installée devant le refuge puis nous nous signalons au gardien qui nous attribue notre dortoir. Le nouveau refuge est très animé et bruyant, nous prenons places dans l’ancien refuge complètement désert.
Avant de nous étendre sur nos lits, nous préparons soigneusement nos sacs. Nous avons conscience de notre impréparation mais nous ne voulons surtout pas rater cette fenêtre météo très favorable.
Nous comptions dormir profondément, l’altitude ne nous permet qu’un léger sommeil entrecoupé de multiples réveils où je me retourne comme une crêpe. Je n’entends pas Jean-Marc, a-t-il réussi à dormir mieux que moi ?
Au repas nous avons mangé des pâtes avec du parmesan puis deux escalopes panées avec des carottes croquantes mais délicieuses. Au dessert nous avons choisi des crèmes au chocolat. Le réfectoire est complet, à notre table, 3 groupes de 3 et 2 de 2. Nous n’avons pas vraiment l’occasion d’engager la conversation avec nos voisins, chacun est concentré sur la journée à venir.
Mercredi 25 juin
Refuge V. Emmanuele / Sommet du Grand Paradis / Pont +1330m -2100m
Lever 3h30, la température est exceptionnellement douce à cette altitude, petit déjeuner 4h, départ 5h moins le quart, nous partons dans les premiers à travers les éboulis en nous guidant aux lampes frontales qui nous précèdent.
Nous atteignons la zone enneigée, nous continuons sans chausser les crampons jusqu’à ce que nous arrivions au pied d’une forte pente ; la véritable ascension commence, nous sommes à 3000m. Nous suivons les cordées en nous aidant de nos bâtons. La neige est suffisamment dure, la progression se fait plutôt bien. La montée est continue, pas de moment de repos. Je compte mes pas, 50, 60, 100 lorsque ça va bien, Jean-Marc reste silencieux, respectueux de mon rythme.
Nous sentons notre manque de préparation à l’effort et à l’altitude, déjà hier, dans la montée à V. Emmanuele, j’ai ressenti cette faiblesse, le besoin de s’arrêter le temps de reprendre mon souffle et de ralentir le rythme cardiaque. Les cordées progressent à leur rythme vers le sommet. Nous attendons de voir la fin de l’ascension derrière la butte que nous gravissons mais chaque fois c’est une déception.
Nous arrivons enfin au niveau du Ciarforon 3642m, sommet voisin, qui nous indique que nous ne sommes plus trop loin du sommet, une heure si tout va bien. Nous apercevons déjà le relief très particulier de l’arête sommitale. Nous terminons sur cette arête étroite avec un passage où il faut progresser en se tenant à une paroi verticale, les pieds appuyés sur une étroite corniche, il est 10h30. Des cordées qui repartent nous empêchent de franchir ce court passage au-dessus du vide.
Nous attendons et insistons jusqu’à ce qu’à notre tour nous puissions atteindre la plate-forme où se trouve une statue de la Vierge. Le ciel est parfaitement dégagé, nous avons une vue superbe et très nette de tout l’environnement que nous saisissons du regard et des objectifs de nos appareils photos. Il y fait un vent glacial mais nous ne le sentons même pas tant notre joie est grande d’avoir atteint ce sommet.
Nous décidons de redescendre avant d’être gelés. Le début de la descente est plutôt agréable, la neige est encore dure, mais très vite, la température douce de la nuit a fait son effet et nous nous enfonçons dans une neige de plus en plus molle : nos piolets s’enfoncent et nos pieds plongent dans une neige qui n’offre que très peu de résistance. Nous progressons de manière chaotique : déséquilibres dus à nos pieds qui vrillent dans ce sol qui se dérobe, bourrasques de vent glacial qui nous fait chanceler, nous nous retrouvons à genoux ou sur les fesses à plusieurs reprises. En voulant sortir des traces, je passe dans des endroits ou mon pied s’enfonce jusqu’à des nappes d’eau cachées par le manteau neigeux.
Nous arrivons enfin à l’endroit où nous avions chaussé les crampons. Nous nous libérons de ces contraintes : crampons, corde et baudriers, puis nous repartons dans la descente. Nous prenons conscience de la longueur du parcours lorsque nous effectuons ce retour au refuge.
Nous apercevons le refuge lorsque nous quittons la zone enneigée pour la descente dans les éboulis de plus en plus gros au fur et à mesure de la descente. 13h30, nous atteignons le refuge, commandons une grande bière que nous terminerons en mangeant une omelette au fromage. Nous allons continuer la descente jusqu’à Pont car ici il faut payer 2,5 euros pour une douche chaude, en bas nous aurons tout le confort.
La descente paraît interminable tant la fatigue se fait sentir. Nous croisons des groupes qui montent au refuge. Lorsque Pont apparaît, nous sentons que nous sommes près du terme de cette journée : 1300m de montée, 2100m de descente. Nous retrouvons les eaux tumultueuses du torrent Savara, il est 17h. 17h30 nous sommes sous une douche chaude qui évacue la fatigue et nous décape délicieusement.
16:35 Publié dans Une semaine d'alpinisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Grand Paradis, Victor Emmanuel, Pont, randonnée alpine, Valsavarenche, Ciarforon



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