09.08.2008
Les Dômes de Miage, ascension
Samedi 27 Juin
Lever 3h30, le breakfast est servi à 4h, nous quittons le refuge à 4h30. Nous suivons les rares tâches de lumière qui nous précèdent. Nous nous enfonçons progressivement dans la vallée glaciaire en auge creusée par l’énorme glacier de Tré-La-Tête. Nous chaussons très vite les crampons et nous encordons car la pente est de plus en plus raide. La neige, durcie par le froid de la nuit, nous permet d’avancer en toute sécurité. Nous jaugeons notre progression en observant les autres cordées qui nous précèdent, nous constatons que nous ne nous faisons pas distancer.
Enfin s’offre à nous une superbe montée vers le col des Dômes. Lorsque nous atteignons ce col (3564m), les Dômes se découpent de part et d’autre du col, immaculés, sur le fond uniformément bleu du ciel : ce bleu profond, intense, qui n’existe qu’en montagne. Nous partons sur notre gauche dans une montée difficile dans une neige qui cède sous nos pas : les piolets ne rencontrent aucune résistance, nous sont d’aucun secours. Nous arrivons après beaucoup d’effort sur l’arête, moment tant attendu, récompense suprême. Parfois étroite et peu rassurante, parfois plus large, elle permet aux cordées de se croiser sans appréhension.
Nous continuons notre progression sur cette arête de laquelle nous embrassons une vue panoramique majestueuse sur les massifs qui ferment l’horizon. Arrivés au plus haut point de ces Dômes (3670m), nous prenons le temps de nous imprégner de ce décor unique, somptueux, transcendant. Il est d’usage de dire que l’altitude détruit les neurones, il est tout aussi possible qu’elle leur donne une activité et une acuité hors normes.
Trêve de plaisanterie, le retour s’avère plus pénible, la neige a fondu sous l’ardeur du soleil, nous nous enfonçons jusqu’aux genoux. Cette descente nous épuise, nous trébuchons, vacillons et parfois nous retrouvons à plat ventre dans la neige : dure pour l’ego ! Comme chaque fois, nous nous rendons compte du chemin parcouru à l’aller lors de notre retour. Nous apercevons des crevasses que nous avons contournées, sans nous en rendre compte à l’aller, lorsque l’obscurité uniformisait le relief.
Il nous faut passer plusieurs ressauts avant de voir apparaître le refuge où nous allons prendre un peu de repos en mangeant une omelette aux lardons. Nous quittons le refuge des Conscrits, les Dômes de Miage sont déjà loin. Nous reprenons le chemin des échelles qui nous ramène au niveau du glacier. Nous observons un groupe qui grimpe la paroi du glacier alors qu’un autre groupe la descend. Confiants, nous avançons sur le glacier, nous égarons et nous retrouvons bloqués par de profondes crevasses.
Nous faisons marche arrière et prenons le chemin suivi par le groupe ayant dèsescaladé le mur de glace. Reste à traverser les amoncellements d’éboulis de schiste qui coiffent le glacier. Nous quittons le glacier qui se termine brutalement par un mur vertical crevassé d’où sourd un torrent tumultueux. Nous reprenons le chemin en corniche qui surplombe la gorge profonde creusée par le torrent. Nous croisons beaucoup de monde qui monte au refuge qui sera complet ce soir. Ce pittoresque sentier prend fin au refuge de Tré-La-Tête qui grouille de monde.
Nous prenons un moment de repos avant la dernière étape pour le parking des Contamines-Monjoie donné à 1h20. Le parcours est rude au départ : rochers et pierres qui se dérobent. La chaleur est forte en ce milieu d’après-midi. La descente est longue lorsque la fatigue est là dans chaque muscle, chaque articulation. Nous avons hâte de nous retrouver au camping pour enfin prendre une douche ; nos vêtements sont imprégnés de notre transpiration et cela devient insupportable.
Refuge des Conscrits : ½ pension 48.5 euros ; ½ pension CAF 38 euros
« De nos expériences, on ne retient que ce qui est bon ce qui fait qu’on est prêt à repartir pour d’autres aventures »
00:12 Publié dans Une semaine d'alpinisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alpinisme, Dômes de Miage, Tré-la-Tête, Les Conscrits, Contamines-Montjoie
01.08.2008
Les Dômes de Miage
Vendredi 26 Juin
Pour atteindre les Dômes de Miage, il nous faut monter au refuge des Conscrits en partant des Contamines-Montjoie. Le chemin menant au refuge des Conscrits passe par le refuge de Tré-La-Tête . Au départ une pancarte indique : Tré-La Tête 2h15, les Concrits 4h45.
La montée jusqu’à Tré-La-Tête se fait plutôt bien, d’abord à l’ombre des sapins puis le sentier continue dans les rochers et les cailloux. Après Tré-La-Tête commence un sentier en corniche dominant les gorges profondes et étroites du torrent né du glacier de Tré-La-Tête. Le décor est saisissant, la paroi tombe à-pic sur un torrent bouillonnant et fougueux. Le sentier souvent dangereux et étroit demande concentration et maîtrise, les passages les plus scabreux sont équipés de rampes ou de chaînes.
Passée l’ouverture béante du nez du glacier d’où s’échappe une grande quantité d’eau qui alimente le torrent, le chemin descend sur l’énorme glacier recouvert d’éboulis et de moraines. Des cairns difficilement décelables nous indiquent le chemin à suivre parmi cet amoncellement de roches schisteuses. Des gens qui nous précèdent sont nos meilleurs repères, nous trouvons ainsi le chemin qui contourne les énormes crevasses. En fait, la couche de roches est mince, dessous, l’énorme glacier est en action : craquements, ruissellements, formation de crevasses.
Cette vaste étendue pavée de roches plates au ton rouille prend fin au pied d’une paroi de glace. Sur notre gauche un groupe descend la paroi rocheuse verticale par une succession d’échelles assujetties au rocher. Nous apprenons, qu’ainsi, on descend ou monte rapidement de 55m, évitant de gravir le mur de glace pas très sympathique, surtout, lorsque les jambes se font lourdes et les réflexes approximatifs. Nous décidons d’emprunter ces échelles en nous encordant car des virgules d’acier fixées à intervalles réguliers permettent de s’assurer, ce qui n’est pas un luxe lorsque la fatigue se fait sentir.
Arrivés au sommet de ces échelles, le sentier nous conduit assez rapidement au refuge des Conscrits qui, de loin, ressemble à une boîte de conserve rouillée. En fait il est en bois, de conception très moderne, très fonctionnelle : tant de luxe en un lieu hors du monde surprend et dérange (je parle pour moi). Comme dans tous ces refuges d’altitude, pas de douche et surtout pas d’eau chaude. Ce qui explique que notre premier soucis, de retour dans la vallée, est une douche chaude décapante et réparatrice.
Nous prenons notre repas avec les différents groupes qui se préparent, comme nous, pour cette course prestigieuse et lumineuse lorsqu’il fait beau temps. La nuit en altitude ne nous permet pas vraiment de nous reposer, de plus le dortoir est trop chaud : la nuit sera courte, alors faisons avec.
09:27 Publié dans Une semaine d'alpinisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Dômes de Miage, Contamines-Montjoie, Tré-la-Tête, Conscrits


