29.11.2008

Vendanges en Médoc 2008

4 – Dernier week-end au campement

Ce deuxième arrêt de trois jours est interminable. Samedi après-midi, je retourne à St Seurin de Cadourne, dans le haut Médoc, pour acheter du vin à la coopérative « Le Paroissien ». Je erre sur les petites routes car j’ai quitté la départementale en m’imaginant que je saurai me diriger sur ces chemins vicinaux ne comportant aucun repère ; je dois me résoudre à faire demi-tour et retrouver une vraie route indiquée sur la carte routière. Inconsciemment je « tue le temps », quand sera t-il demain ?
Le soir, à la veillée, autour du feu qui brûle jour et nuit près des fourgons et camions faisant office de caravanes, je prends des nouvelles d’Aurel qui souffre malgré les calmants que lui a prescrits le médecin.

Dimanche, il fait étonnamment beau, je décide de retourner seul à Bordeaux me familiariser avec cette ville traversée par la Gironde. Sur les quais sont installés des manèges qui tournent à plein régime. Une multitude de gens déambulent sur les quais rive gauche : qui à bicyclette, qui en patins à roulette évitant les promeneurs profitant aux mieux de cette chaude et lumineuse journée d’automne. Je retrouve les rues et bâtiments découverts une semaine plus tôt. Le retour et la soirée passés seul me désolent.

Lundi, je profite de cette journée pour parcourir Arsac à pieds. L'architecture des maisons est très différente de celle de nos habitations du nord ouest de la France. Je fixe sur la péllicule des maisons déjà anciennes et d'autres en construction. Je remarque qu'aux plans particulièrement répétitifs et simplistes des maisons d'hier, les nouvelles constructions sont nettement moins impersonnelles et plus élaborées; les parallélépipèdes rectangles de jadis sont maintenant des constructions en forme d'L ou d'Y, avec parfois un étage.
Une petite anecdote en passant: alors que je cherchais le bon angle pour photographier une habitation, une femme au volant de sa voiture que j'avais remarqué, allant et venant, me suspectant, s'arrête à ma hauteur pour me demander si j'habitais ici. A ma réponse négative, je sens que la personne est de plus en plus méfiante; elle s'éloigne à regret sans me quitter des yeux. Elle a probablement donné mon signalement à la police municipale au cas où, ce qui contredirait l'intuition féminine qu'on leur prête.

Aurel est allé passer sa radio: le médecin constate la gravité de la blessure, il donne 8 semaines d’arrêt de travail. Aurel a bien des difficultés à faire reconnaître par la direction du château qu’il s’agit d’un accident du travail et non d’un arrêt de travail qui ne serait plus à la charge de l’employeur mais de la Sécu, c’est la CNASA qui prendra en charge les semaines qui suivront les vendanges. Aurel a une exigence à laquelle il ne veut pas céder : il faut que Léon soit viré. Le château du Tertre se défile et confie Léon à château Giscours qui devra se charger du licenciement (là on entre dans des arcanes administratives).

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