22.11.2009

Vendanges en Bourgogne 2009

4 / Un repas animé

 

Nouvelle journée de vendanges terminée ; la douche chaude nous retape, évacue la fatigue, nous redonne visage humain. Depuis le début de ces vendanges bourguignonnes, Christophe traîne un rhume qui ne le lâche pas. Malgré tout il tient bon soutenu par la famille Drouin qui lui propose thé chaud et aspirine en attendant le diner. Christophe jouit d'une aura particulière du fait qu'il est originaire d'Afrique Noire et de surcroit enseignant de philosophie à Nancy. Il en est à sa deuxième saison de vendanges au domaine des Gerbeaux.

A la fin du repas, Jean- Michel Drouin, patron du domaine, lui conseille avec insistance un marc dont il apporte fièrement un magnum. Cet alcool est obtenu à partir des déchets du pressage qui doivent être déposés en un lieu où sera distillé cet alcool sous contrôle de l'administration des finances. En effet, pas question de rejeter ces déchets dans la nature.

Donc, Jean-Michel vente les vertus de ce marc remède universel selon lui. Pour bien asseoir son propos il cite le cas de son grand-père, Jacques Charvet, qui prenait au petit déjeuner, un bol de marc dans lequel il trempait son pain. Ce grand-père, dont le nom figure sur les cuvées spéciales, le top de la production, a vécu 90 ans : cela nous laisse bouche bée. Nous en sommes d'autant plus estomaqués que nous sommes plutôt vigilants à ne pas boire trop d'alcool sinon gare au permis de conduire.

Christophe résiste tant qu'il peut aux sollicitations de ce docteur « Double Marc ». Rien n'y fait, Jean-Michel sert à chacun de ses hôtes une généreuse dose de marc, Christophe a droit à une triple dose censée chasser ce rhume récalcitrant. Il roule des yeux de panique contestant l'efficaté d'un tel traitement :

« Je ne crois pas en sa médecine » dit-il alors que tous les regards convergent vers lui. Jean-Michel insiste tant et si bien qu'il en boira les deux tiers. Cette soirée se termine dans l'euphorie conférée par cet alcool âpre qui frise les 50°. Nous regagnons notre dortoir un peu assommés, complètement désinhibés. Les ronflements seront au rendez-vous cette nuit !

03.11.2009

Vendanges en Bourgogne 2009

3 / Première journée de vendanges

 

Nous sommes le jeudi 10 septembre, toute l’équipe des vendangeurs attend le signal du départ vers la parcelle. Nous partons transportés dans un fourgon vétuste encombré de seaux et de deux hottes volumineuses. Brinquebalés sans ménagement nous arrivons sur une parcelle légèrement pentue faisant face au mont Solutré qui se détache nettement des vignobles qui tapissent sa base. Jean et moi-même sommes attentifs aux recommandations qui nous sont données avant d’attaquer notre 1er rang. La vigne, agitée par la brise matinale, est sèche. Nous sommes répartis sur sept rangs, deux coupeurs par rang placés de part et d’autre de cette rangée de ceps aux pieds noueux et trapus qui caractérisent les vieilles vignes.

La vigne est palissée et bien effeuillée ce qui facilite le travail. Le sol argileux est recouvert de cailloux. Nous arrivons au bout de notre 1er rang avec un peu de retard sur les autres binômes plus affûtés. Nous prenons quelques minutes de repos, chauffés par le soleil, avant d’attaquer un autre rang. Puis c’est la pause casse-croûte de la matinée. La 2ème partie de cette matinée tarde à se terminer, il faut tenir jusqu’à midi et demi, nos estomacs crient famine.

De retour au domaine, le vin produit sur la parcelle sur laquelle nous avons travaillé est servi à l’apéro par Jean-Michel Drouin, patron du domaine. C’est un Pouilly Fuissé délicieux, puissant, fruité, ambré, bien charpenté qui titre 13°. Certains en boivent goulument comme des puits sans fond. Nous prenons place au réfectoire, je suis à une table avec Quentin étudiant en musicologie et Agathe étudiante en orthophonie, avec qui je sympathise d’emblée. Quentin présent tout au long des vendanges nous étonnera par sa capacité à ingurgiter des boissons alcoolisées, Agathe nous quitte en fin de semaine pour réintégrer la fac.

A quatorze heures nous repartons sur une autre parcelle. En fait, le vignoble des Gerbeaux est dispersé sur la commune de Solutré et nous avons des difficultés à nous repérer. Chaque parcelle a sa particularité ce qui permet des assemblages donnant des vins d’une qualité irréprochable, d’ailleurs nous apprendrons que les vins de ce domaine sont vendus avant d’être produits tant ils ont une bonne réputation. Michel qui connaît bien cette maison nous apprend que Jean-Michel Drouin rafle tous les prix attestant de la qualité de son vin.

15.10.2009

Vendanges en Bourgogne 2009

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2 / Installation et 1èrenuit au domaine des Gerbeaux

Nous sommes logés et nourris sur place, ceci vaut pour 4 d’entre nous qui venons de loin. Nous nous installons dans une pièce faisant office de dortoir, elle donne directement sur les champs de vignes.

Michel est déjà installé. Un petit lit pliant est occupé par Christophe originaire du Burkina. Le lit voisin par un autre porteur qu’on appelle Michou, reste un lit pour deux personnes : nous n’avons pas le choix, je m’installe dans ce lit que je partagerai avec mon frère Jean et ceci jusqu’à la fin des vendanges.

Cette première nuit commencent par les ronflements de Michel qui tiennent en éveil toute la chambrée. Michou qui se couche bien après nous le somme de cesser ce vacarme : bizarrement, un  silence suit mais cela ne durera pas. Une petite animosité entre les deux porteurs est évidente car ils ne conçoivent pas leur travail de la même manière.

J’ai beaucoup de mal à trouver le sommeil ce qui n’est pas dans mes habitudes, les ronflements qui reprennent de temps à autre n’arrangent rien. Au matin on me dit que j’ai ronflé, donc j’ai bien fini par m’endormir à mon tour.

24.09.2009

Vendanges en Bourgogne 2009

Vendanges 2009 003.jpg

1 / Arrivée au domaine des Gerbeaux

 

Pour cette nouvelle saison de vendanges, je me rends en Bourgogne en compagnie de mon frère fraîchement retraité. Il est impatient de vivre cette expérience complètement nouvelle pour lui. Nous partons donc en milieu de semaine en empruntant les routes sans péage. Cela nous demande deux heures de plus de route mais nous ne sommes pas pressés et cela nous économise 50 euros de frais d’autoroutes.

Nous avons bien du mal à atteindre le petit village de Solutré blottit au pied du mont que Mitterand a rendu célèbre. En effet, après avoir quitté la nationale allant de Paray-Le-Monial à Mâcon, nous nous trouvons dans un réseau de petites routes sinueuses et étroites qui serpentent entre les vignobles. De bonnes âmes nous guident efficacement vers le domaine des Gerbeaux situé à l’intérieur du village.

Cette fois, il faut nous rendre à l’évidence, c’est là que notre semaine de vendanges va se dérouler. Le patron et sa famille nous accueillent dans la cour intérieure où l’activité est  intense et fébrile en cette veille de vendanges.

Si je me retrouve en Bourgogne après mes vendanges désastreuses de l’an passé dans le Médoc, c’est par l’intermédiaire de mon collègue, et maintenant ami, Michel Hinot qui m’a proposé cette expérience dans une région qui m’était jusqu’alors inconnue. Ma première impression est plutôt bonne, la région est superbe. Le village de Solutré s’avère dépourvu de tout commerce, c’est une concentration de trente vignerons dont deux continuent à vendanger à la main.

18.01.2009

Vendanges en Médoc 2008

6 – Repas de fin de vendanges

Vendredi 16 octobre, nous commençons une demi-heure plus tôt afin de terminer pour midi et ainsi disposer de l’après-midi pour évacuer les lieux. Nous sommes déjà mi-octobre et le jour n’est pas encore levé lorsque nous nous dirigeons au lieu de rassemblement. La matinée se déroule sans enthousiasme, ces vendanges qui se sont déroulées bizarrement nous laissent perplexes et peu enclins à renouveler l’expérience. Le temps où nous prenions une photo du groupe avec le château en arrière plan est révolu ; quelques photos prises à la sauvette de l’ensemble des personnels seront les seuls souvenirs que nous emporterons avec nous.

Le repas qui nous attend nous confirme qu’il n’y aura pas de gerbaude cette année. Un apéritif nous attend qui laisse une grande place au vin rosé produit au château de Giscours. Roger Garcia qui a porté le groupe pendant toutes ces vendanges est remercié par un cadeau des vendangeurs grâce à l’initiative d’Evy qui est irremplaçable dans ce rôle. Le discours de Roger nous va droit au cœur, il est chaudement applaudi. Ardouin, nouvel administrateur de ce domaine, tient à son tour un discours qu’il ne peut achever tant il est hué, chahuté, conspué.

Cette dernière journée est ensoleillée ce qui nous permet de plier et ranger notre matériel dans de bonnes conditions. Je prends congé de tous ceux qui sont encore sur le camp et quitte le domaine vers 18h. Une longue route va me ramener en Bretagne.

23.12.2008

Vendanges 2008 en Médoc

5 – Dernière ligne droite

Nous reprenons le travail en nous disant que nous finirons ces vendanges sans autre interruption. La vigne est sèche, les grappes saines, très grosses ; trois ceps suffisent à emplir nos paniers. C’est donc avec enthousiasme que nous cueillons, l’émulation aidant, nous prenons un malin plaisir à distancer nos voisins. Bien vite on calme notre ardeur, le chai ne suit pas la cadence ; nous sommes contraints à des poses qui s’éternisent.

En fin de journée, on ressent un sérieux relâchement, plus de volontaires pour aider ceux qui sont encore en milieu de rang, plus de porteurs pour vider nos paniers, il faut se démener pour obtenir que quelqu’un vienne. C’est dans une telle situation qu’intervient l’inspection du travail qui arrive dans un véhicule de la police : deux gendarmes descendent du véhicule et se positionnent de manière à contrôler les déplacements des personnes dispersées dans les vignes. Deux inspecteurs questionnent chacune des personnes.

Il se trouve que je suis en compagnie de Paul Bakala venu m’aider à terminer un rang de vignes lorsque l’inspecteur arrive à notre hauteur. Il me pose une série de questions auxquelles je réponds sans détour puis il s’adresse à Paul en lui demandant de présenter sa carte d’identité. Paul n’admet pas que, seul lui, soit tenu de justifier de son identité. En effet cela me choque car cela fait si longtemps qu’il vit en France que rien dans ses faits et gestes ne le distingue d’un Français de souche. Il est outré du peu de cas fait de sa parole tant il est impliqué dans la vie politique française. Il finit par se rendre à son véhicule pour y prendre cette carte qui en fin de compte ne sera même pas regardée par l’inspecteur.

Après cet épisode inhabituel, nous reprenons et terminons cette journée ; deux questions occupent nos esprits : quand finirons effectivement ces vendanges, vendredi où lundi comme au château Giscours ? Y aura t’il une gerbaude, fête de fin de vendanges qui réunit les personnels des deux châteaux?

29.11.2008

Vendanges en Médoc 2008

4 – Dernier week-end au campement

Ce deuxième arrêt de trois jours est interminable. Samedi après-midi, je retourne à St Seurin de Cadourne, dans le haut Médoc, pour acheter du vin à la coopérative « Le Paroissien ». Je erre sur les petites routes car j’ai quitté la départementale en m’imaginant que je saurai me diriger sur ces chemins vicinaux ne comportant aucun repère ; je dois me résoudre à faire demi-tour et retrouver une vraie route indiquée sur la carte routière. Inconsciemment je « tue le temps », quand sera t-il demain ?
Le soir, à la veillée, autour du feu qui brûle jour et nuit près des fourgons et camions faisant office de caravanes, je prends des nouvelles d’Aurel qui souffre malgré les calmants que lui a prescrits le médecin.

Dimanche, il fait étonnamment beau, je décide de retourner seul à Bordeaux me familiariser avec cette ville traversée par la Gironde. Sur les quais sont installés des manèges qui tournent à plein régime. Une multitude de gens déambulent sur les quais rive gauche : qui à bicyclette, qui en patins à roulette évitant les promeneurs profitant aux mieux de cette chaude et lumineuse journée d’automne. Je retrouve les rues et bâtiments découverts une semaine plus tôt. Le retour et la soirée passés seul me désolent.

Lundi, je profite de cette journée pour parcourir Arsac à pieds. L'architecture des maisons est très différente de celle de nos habitations du nord ouest de la France. Je fixe sur la péllicule des maisons déjà anciennes et d'autres en construction. Je remarque qu'aux plans particulièrement répétitifs et simplistes des maisons d'hier, les nouvelles constructions sont nettement moins impersonnelles et plus élaborées; les parallélépipèdes rectangles de jadis sont maintenant des constructions en forme d'L ou d'Y, avec parfois un étage.
Une petite anecdote en passant: alors que je cherchais le bon angle pour photographier une habitation, une femme au volant de sa voiture que j'avais remarqué, allant et venant, me suspectant, s'arrête à ma hauteur pour me demander si j'habitais ici. A ma réponse négative, je sens que la personne est de plus en plus méfiante; elle s'éloigne à regret sans me quitter des yeux. Elle a probablement donné mon signalement à la police municipale au cas où, ce qui contredirait l'intuition féminine qu'on leur prête.

Aurel est allé passer sa radio: le médecin constate la gravité de la blessure, il donne 8 semaines d’arrêt de travail. Aurel a bien des difficultés à faire reconnaître par la direction du château qu’il s’agit d’un accident du travail et non d’un arrêt de travail qui ne serait plus à la charge de l’employeur mais de la Sécu, c’est la CNASA qui prendra en charge les semaines qui suivront les vendanges. Aurel a une exigence à laquelle il ne veut pas céder : il faut que Léon soit viré. Le château du Tertre se défile et confie Léon à château Giscours qui devra se charger du licenciement (là on entre dans des arcanes administratives).

20.11.2008

Vendanges en Médoc 2008

3– D'un arrêt de travail à l'auttre

Notre première période de vendanges s’est terminée par une pratique totalement innovante qui consiste à ramasser les grappes coupées bien avant les vendanges dans le but de permettre aux autres grappes de mûrir sans pourrir. Ces grappes qui jonchent le sol sablonneux et terreux depuis probablement deux semaines ou plus sont destinées à un « second vin » nous dit on.

Nous reprenons le travail dans des parcelles plantées de longue date de Cabernet Sauvignon aux belles grappes bien saines qui remplissent rapidement nos paniers. Les nuits étoilées et froides sont suivies de journées ensoleillées. Tout va pour le mieux jusqu’à ce que notre directeur technique, Frédéric Hardoin, nous annonce que nous ne travaillerons pas lundi prochain, nous sommes le jeudi en fin de matinée. Le ton monte dans les rangs. Pour calmer les esprits, on nous offre les repas de samedi et lundi midi. C’en est trop pour ceux qui ont d’autres projets ; une quinzaine de personnes, le 1/4 de l’effectif, décident de partir.

Pourquoi ne pas aller aider l’équipe de château Giscours appartenant au même propriétaire ? Comment se passera la Gerbaude, fête de fin des vendanges, si les deux châteaux ne terminent pas en même temps ?

Cette deuxième période de vendanges se termine par un incident inhabituel dû probablement à la mauvaise ambiance de ce travail en pointillé. Léon, un des africains, qui a reçu du raisin se rebiffe et interpelle les jeunes qui chahutent dans les rangs. Les insultes se font de plus en plus violentes et blessantes. Manon, une jeune vendangeuse, a le malheur de lui envoyer une grappe en plein visage ; il bondit, franchissant trois rangs de vignes, en sautant par-dessus les fils de fer tendus, il est sur le point de frapper Manon lorsque qu’Aurel s’interpose pour la protéger. Il prend un coup de genoux dans les côtes. Fin de la bagarre : Aurel est conduit chez un médecin qui lui donne une semaine de repos. Il s’avèrera le jour suivant, à la radio, qu’il a la 8ème côte cassée dans le dos et le cartilage abimé côté sternum.

Ainsi se termine ce deuxième épisode de vendanges, le cœur n’y est plus, ceux qui restent ont hâte que cela se termine malgré la maigre paie qui les attend.

12.11.2008

Vendanges 2008 en Médoc

2 – Premier week-end au Tertre

Revenons à ce premier week-end somme toute plutôt agréable et bien rempli. Ce premier samedi je me rends chez Valérie qui m’a gentiment invité à déjeuner. Je découvre son appartement par une journée ensoleillée. Le repas terminé, elle nous conduit dans le centre de Bordeaux où nous flânons : galerie bordelaise, grand théâtre, jardin des gastronomes, bord de la Gironde, place de la bourse, église St Michel, place des Quinconces avec sa fontaine et ses statues en bronze, nous terminons par un thé à la menthe pris à une terrasse place St Michel où se tient un marché le samedi matin. Dernier petit plaisir avant de rentrer, nous prenons le tramway qui nous dépose près de la voiture. Cette journée s’est passé merveilleusement, je remercie Valérie de m’avoir donné un peu de son temps.

Par contre, le dimanche, je suis invité chez une amie de longue date qui habite à Plassac de l’autre côté de la Gironde. C’est toujours un plaisir de retrouver Jacqueline Lavergne ayant comme moi vécu à Sidi-Kacem alors que nous étions jeunes. Cette fois elle reçoit sa famille. Bien qu’elle se défende d’être une bonne cuisinière, elle me régale à chaque fois par sa cuisine. Sa petite fille Mona reste le centre d’intérêt de cet après-midi qu’il me faut écourter car je dois traverser la Gironde par le ferry qui relie Blaye à Lamarque sur l’autre rive. Je suis très reconnaissant à Jacqueline qui m’accueille chaque fois avec le même bonheur.

28.10.2008

Vendanges 2008 en Médoc

1 - Nouvelle donne

Les vendanges en Médoc sont nettement plus faciles que dans le Beaujolais. Pour cette raison, je décide de refaire les vendanges au Château du Tertre pour la 3ème année. Je vais bien vite déchanter, l’équipe qui dirige ces vendanges est nouvelle mis à part Roger Garcia qui, part sa présence, nous rassure.

Nouvelle équipe, nouvelle façon de travailler : un par rang, possibilité d’arrêter les vendanges si le raisin n’est pas mûr, 3 cerbères qui ont pour tâche de contrôler nos paniers et de nous rappeler les consignes de Hardouin, le supérieur hiérarchique ……

Le fait que nous nous retrouvions entre gens ayant déjà travaillés ensemble endort notre esprit critique et gomme les griefs dont nous sommes victimes. Nous voila repartis pour ces vendanges 2008 qui commencent sous de mauvais auspices : pluie dès la 1ère matinée, temps maussade, pluvieux et froid durant toute la première semaine.

Ce mauvais temps et ce froid devraient nous mettre la puce à l’oreille, pas du tout ; nous sommes tellement heureux de nous retrouver entre gens ayant vécus de bons moments dans ces vignes que nous travaillons dans la bonne humeur, imperméables à l’attitude irrespectueuse de nos jeunes cerbères dont les remarques faites sans ménagement, ponctuent nos journées de travail.

Nous passons de parcelles en parcelles ignorant tout de la logique qui nous promène ici et là. Jamais le rythme de travail n’a été aussi lent, autre raison d’anticiper la nouvelle qui nous sera communiquée le lundi midi : arrêt des vendanges jusqu’au jeudi prochain. Nous faisons grise mine, un week-end déjà long, deux autre journées sans travail, nous voila immobilisés, pas de repas, pas de salaire ; ceux qui campent commencent à piaffer.

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